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Non classé : Radar : Vivre à l'ère post-Covid

21 septembre 2021 partagé par Lucie Descamps

#8 Travailler à l’ère post-Covid part.3

Télétravail, réaménagement imposé des locaux… Les entreprises sont en quête de solutions pour s’adapter à la fois aux nouvelles normes sanitaires en vigueur et aux aspirations de leurs collaborateurs. 

1 – QUID DU TÉLÉTRAVAIL POST-COVID ? 

C’est l’une des grandes questions qui agite les dirigeants et les managers ces dernières semaines. Faut-il maintenir ou non le télétravail et si oui, dans quelle mesure ? Les avantages du télétravail sont nombreux et ils n’ont pas attendu la crise COVID pour émerger : environnement parfois plus calme, moins de distractions, moins de temps dans les transports, répartition plus libre de ses tâches… Un contexte qui semble favoriser la performance des entreprises. Des études (datées de la pré-pandémie, celles réalisées durant la pandémie pouvant être biaisées) font par exemple état d’une réduction des coûts fixes, de moins de jours de maladie posés et d’une plus grande productivité lorsque l’entreprise propose un dispositif de télétravail. 

Il est bon de rappeler que le télétravail “version confinement” n’a finalement pas tout à voir avec le télétravail “version classique”. La principale différence tient au fait que le premier ayant dû être mis en place dans l’urgence (générant ainsi son lot de déconvenues comme le manque d’instructions ou de matériel), le dispositif n’a pas pu être préparé comme il se doit. Le télétravail “version classique” est quant à lui le fruit de groupes de travail, d’échanges, de négociations puis de conventions. C’est un modèle pensé et anticipé. 

Alors quand on se pose la question du maintien ou non du télétravail dans son entreprise, il est important de le faire à la lumière de ce mantra : “le télétravail en confinement n’est pas le télétravail vraiment”. Dans le meilleur des cas, on peut envisager ce temps de télétravail confiné comme un grand laboratoire qui a servi à tester les bonnes et mauvaises pratiques ou comme un accélérateur de la transition, notamment grâce aux investissements matériels débloqués. Ceci étant dit, et à la lumière des constats précédents, il convient de reprendre la réflexion sur le télétravail là où l’entreprise l’avait arrêtée pré-confinement. Alors, on peut envisager de voir dans quelle mesure cela convient à son activité. Et bien sûr prendre le pouls des salariés car finalement, ce sont les premiers (voire les seuls) à écouter sur la question. Sur les 8 millions de Français contraints de télétravailler du jour au lendemain, une grande majorité souhaite poursuivre l’expérience, mais plutôt partiellement car l’envie de retrouver les interactions sociales du bureau est très présente. Mais il s’agira sans aucun doute d’un bureau transformé, repensé, en fonction de contraintes nouvelles, notamment sur le plan sanitaire. 

2 – LE NOUVEAU BUREAU

Le retour au bureau impose un double challenge aux entreprises : d’abord proposer une expérience de travail repensée à des salariés ayant de nouvelles exigences, ensuite le faire dans le respect de contraintes sanitaires nouvelles. Selon une étude de JLL (juin 2021), il y a un an, 60 % des salariés se disaient satisfaits de leur environnement de travail, ils ne sont plus que 48 % aujourd’hui. Ils veulent retrouver leurs collègues, indéniablement, mais c’est un nouveau bureau qu’ils attendent.

Si la mode des années 2010 misait sur la détente et la ludicité du lieu de travail (nous avons tous en tête “l’exemple du babyfoot”), les années 2020 ont vu l’apparition de nouvelles contraintes, sanitaires évidemment, mais également un certain changement d’état d’esprit de la part des employés, désormais plus sensibles à une offre de services conjointe au lieu de travail qu’à des accessoires récréatifs à disposition. En résumé, on préfèrera un service de traiteur et l’accès à un thérapeute à une table de ping pong et des bonbons à volonté. 

Parmi les attentes des salariés quant à leur lieu de travail post-covid, on retrouve l’envie de bureaux plus humains et collaboratifs, favorisant les moments de socialisation (dans le respect des règles sanitaires bien sûr !) mais aussi des bureaux “bien-être” qui autorisent la déconnexion et le lâcher-prise. Signe de ce besoin de détente : l’arrivée massive des plantes vertes (voire des micro-potagers) dans les locaux de nombreuses entreprises.

Le nouveau bureau doit aussi pouvoir s’adapter à un flux de travailleurs de plus en plus changeant. Le “flex office” dans lequel le salarié n’a pas de place fixe attribuée était un signal fort dès 2017. L’arrivée du COVID, du télétravail et des jours de présence en alternance a confirmé cette tendance. Aujourd’hui, le flex office n’est plus un simple essai pour imaginer de nouvelles manières de travailler ensemble. C’est une nécessité liée notamment au fait qu’une nouvelle organisation des équipes a été et sera nécessaire dans les années à venir. 

Demi jauge, partie de l’équipe en télétravail, un service complet présent sur site pour un séminaire… Les scénarios du “venir au travail” se multiplient post-pandémie. L’entreprise doit adapter ses locaux bien au-delà de la mise à disposition de gels hydroalcooliques. L’open space autrefois encensé devient abhorré. L’heure est à la multiplication d’espaces aux volumes plus petits sur le site ou ailleurs… Car entre le home office et le bureau, il y a tout un monde qui s’offre à l’entreprise : espaces de coworking, sessions de travail en extérieur voire musées qui accueillent les salariés à la demi-journée pour travailler… Les plaques de plexiglas pour compartimenter les open-spaces ne sont pas la seule option pour imaginer le bureau nouvelle génération. C’est plutôt une bonne nouvelle, non ? 

3 – QUELQUES PISTES À EXPLORER

Quelques conseils pour imaginer son “Back At The Office” : 

  • Côté télétravail, démarrer avec le système des “deux imposés” : chaque semaine, une journée sur place imposée et une journée en télétravail imposée. Cela permet de répartir assez facilement sa jauge de salariés sur place et de contenter à la fois les partisans du télétravail et ceux du travail sur place. Il suffit ensuite de “broder” autour de ces 2 jours imposés en fonction des contraintes de votre activité et du contexte sanitaire. 
  • Sortir des sentiers battus et proposer à vos collaborateurs un temps de travail hors site mais aussi hors home office. Cela n’a pas forcément besoin d’être pour une grande occasion de type séminaire. Vous pouvez très bien réserver des places à la semaine en espaces de coworking ou même dans un lieu atypique (musée, jardin…) et laisser la possibilité à vos collaborateurs d’en profiter sur inscription. Votre jauge reste maîtrisée et vos salariés retrouvent les joies de l’échange et de la découverte. 
  • Investir dans du mobilier modulaire pour repenser facilement et avec style vos espaces. Cabines acoustiques, cloisons de séparation… Le mobilier modulaire – comme celui proposé par la startup Lilloise Beez – a le vent en poupe. Il permet de répondre aux attentes des salariés et aux nouvelles contraintes des entreprises (intimité, confort, modularité…) mais aussi aux attentes d’un monde qui change (matériaux durables, sécurité sanitaire renforcée).
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